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dimanche 13 octobre 2013

LFMP, les opérateurs disparus N°3: CORVETTE et FAUX LINGOTS

Nous avions démarré en avril notre petite série sur les anciens exploitants d'aéronefs basés à Perpignan-Rivesaltes. Le premier épisode concernait AVIGET, le second BYRRH.
L'épisode d'aujourd'hui est plus rocambolesque et a des aspects tragicomiques:

AIR SERVICE INTERNATIONAL

Fin 1973, deux associés ERIK AFFICHARD et PIERRE PELTIER créérent la société anonyme Air Service International.
Cette compagnie aérienne de transport à la demande entendait développer des formules de mini-charters à destination de l'Espagne (gros espoirs de développement en prévision de l'entrée de ce pays dans le marché commun), avec la proximité des Baléares, de la Sardaigne, sans oublier les chasses au Maroc.
La flotte de démarrage était constituée d'un PIPER NAVAJO de 7 places et de quatre monomoteurs.L'achat d'hélicoptères était également projeté.
Puis, début 1976, ASI mit en service une CORVETTE SN601, la N°16 F-BVPT, quasiment neuve aprés une brève utilisation par AIR LANGUEDOC. Equipée de 14 sièges, cette superbe machine était prise en location auprès de COGESAT SA.
 En 1976 au Bourget, à noter le "C" de AIR LANGUEDOC non effacé sur la nacelle
Toujours au Bourget mais en mai 1977

Dans les registres de la DGAC, chronologiquement, nous trouvons traces des aéronefs suivants:
du 16/10/74 au 21/11/77: MS893A COMMODORE 180 F-BONI
du 23/09/76 au 02/08/77: PA23-250 F-BTGT
 Le BTGT vu plus récemment
du 09/07/77 au 21/08/78: DR250/160 F-BMZU
Le F-BMZU conservé au musée d'Angers-Marcé
du 06/10/77 au 21/08/78: MS885 SUPER-RALLYE F-BKXK
du 24/11/77 au 01/12/77: PA32-300 F-BNTM (futur avion de Gérard Deplanque)
du 19/12/77 au 21/08/78: PA28-140 F-BUIH
du 11/01/78 au 21/08/78: JODEL D140C F-BRGV
Vue récente du GV, toujours actif.

La seconde partie est moins aéronautique mais elle décrit la fin et les suites judiciaires de la belle aventure.
La SA ASI avait démarré sur des bases financières peu solides. Aucun soutien bancaire ne fut obtenu. Les deux associés et leurs complices durent donc trouver une autre solution pour financer l'ambitieuse société.
Ils eurent recours à des fonds privés et contractèrent des prêts auprès de quarante particuliers pour un montant de 13.256.385 francs. En garantie de leurs prêts, ils remirent aux prêteurs des titres faux ou volés, de faux lingots d'or et de faux dollars. En avril 1977, le mécanisme des escroqueries fut connu. Tous les auteurs et complices présumés furent identifiés et inculpés en novembre 1978. L'instruction préparatoire dura jusqu'en novembre 1989. Cette affaire complexe donna même lieu à une requête devant la Commission européenne des Droits de l'Homme en 1993-1994.
Nous laisserons M° Etienne NICOLAU apporter de plus amples détails dans ses chroniques judiciaires.


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